Récréatrales 2024:"Taafé fanga", une pièce théâtrale mettant en lumière le poids de la société traditionnelle africaine régie par la féodalité sur la femme.
Affiche des récréatrales 2024
La 13e édition des résidences panafricaines d'écriture,de création et de recherches théâtrales(Récréatrales) s'est déroulée du 26 octobre au 02 novembre 2024. Sous le thème : Tourner la face au soleil ;cet évènement a connu plusieurs pièces théâtrales dont Taafé fanga. C'est l'une des pièces montées le 1r novembre.
Décor du lieu de la semaine
"Taafé fanga " mot dioula signifie "pouvoir du pagne". Cette pièce décrit dans un ton lyrique et surtout réaliste, la souffrance, l'amertume, la détresse sinon la déprime de certaines femmes africaines perçues comme une esclave domestique." La place de la femme c'est la cuisine" Est-ce votre première fois d'entendre ces incongruités ? Certainement pas. Raison pour laquelle les monteurs de "Taafé fanga" se sont inspirées de la réalité, s'en sont imprégnées pour vomir avec véhémence et la subtile manière les vécus des femmes.
Les actrices en pleine scène
"Pourquoi fréquenter la même école avec toi en tant que fille te rend jaloux tant ? pourquoi avoir les mêmes diplômes que toi te rend jaloux tant homme ? pourquoi avoir le même bureau que toi t'inquiètes tant ? pourquoi avoir le même salaire que toi te pose un souci tant?" lâche une actrice des la première entame de la pièce. Ces questionnements suscite une petite excursion dans le passé de la société traditionnelle africaine où le rôle de la femme se résumait aux travaux domestiques et au don de progéniture. Ces interrogations constituent une invite à l'épanouissement de la femme et à son acceptation un pan important pour le développement.

Une foule émerveillée par le talent des actrices
"Des disputes, des injures, aucun regard, il a toujours besoin de sa dose d'adrénaline pour commencer sa journée trop dure. Ma vie tout entière c'est des batailles a n'en point finir. Une lame, deux lames, trois lames, un couteau, des ciseaux, regarder croisé, peur, mais emprisonné... cris ,cris sang, sang" vociférations une deuxième dans un ton pathétique mais révolutionnaire. Nul besoin de vous dire que ces termes traduisent un mal social qui, à travers l'Afrique a créé mille et un va-nu-pieds ? L'EXCISION !!!En ce sens qu'elle a fauché des vies, a rendu certain orphelins dès la naissance parce que sa mère en raison de l'excision perdu beaucoup de sang pendant l'accouchement. Vendredi 24 août, je marche, je marche, j'ai mal. Je m'arrête, je regarde le ciel, je saigne, le ciel est noir, et j'ai mal. Mais à qui la faute ?" laisse-t-elle entendre en mettant minutieusement en exergue les souffrances de l'excision.

"Mercredi 6 juin, je rentre dans la chambre. Il m'attend, la lumière baisser. Il me fixe, j'ai peur. Je vais surement avoir mal. Comment lui dire ? dois-je lui dire ? Ai-je besoin de lui dire ?Il comprendra ? Je dois me taire. Malgré mes déchirures je dois me taire " hurla-t-elle une fois de plus. Traduction directe de la souffrance d'une femme excisée dans la vie conjugale et sa soumission à tout : bien ou mal.

"Le spectacle de ce soir c'est " Taafé fanga " qui signifie pouvoir du pagne. Le message qui se cache c'est plutôt des questions. Nous avons eu des tentatives de questions mise en scène devant le public afin qu'il se pose des questions, qu'il puisse bien voir les choses. Qu'est-ce que la femme selon eux ? On parle de la cause de la femme. Quand est-ce qu'on est vraiment femme ? selon la société ? La société a décidé de créer une page, si tu ne te mets pas dans cette page cela fait-il de toi une femme à part ? C'est ainsi des questionnements qu'on traite tout le long de la pièce. Être femme dans la société, qu'est-ce que ça veut dire ? quelles sont les responsabilités des femmes?"

Assita Tangara, metteur en scène
"Quand on dit que la nuit porte conseil à l'homme, cela veut dire que l'homme il va parler à sa femme. Et la femme porte un pagne. C'est donc le pagne c'est-à-dire la femme qui prend les décisions dans la chambre et l'homme le dit dehors. Mais nous en tant que femme on se met de côté, pour ne pas dire aux gens que c'est nous qui donnons les idées. Forcément,les décisions viennent de nous."
"Le message qu'on a voulu faire passer ce soir, c'est de dire aux femmes de ne plus se laisser faire. Parce qu'on a nos mères,nos grands mères etc. qui ont vécu plein de choses au nom de la soumission. Il y a eu beaucoup qui ont eu honte de le dire haut et fort. Quand on subit, on doit vomir pour exprimer notre mécontentement. On veut l'épanouissement " à en croire l'actrice.
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