Du salariat à l'entrepreneuriat en Afrique : rêve ou réalité ?

 Une interview avec Docteur Karim Kaboré

Dr Karim Kaboré est un entrepreneur visionnaire et expert en management et qualité totale. Titulaire d’une maîtrise en Lettres Modernes et d’un Master en management des entreprises et des organisations, il a enrichi son parcours académique en intégrant l’un des instituts de formation les plus prestigieux d’Afrique : l’Institut International d’Ingénierie de l’Eau et de l’Environnement (2iE). Son expertise s’est également consolidée avec l’obtention d’un diplôme en Système Intégré Qualité, Sécurité et Environnement, labellisé par la Conférence des Grandes Écoles de France.

Animé par une volonté de contribuer au développement durable et à l’innovation sociale, Karim Kaboré est le fondateur de Africa Eco, une entreprise spécialisée dans la fabrication de couches lavables et réutilisables pour bébés et femmes, offrant une alternative écologique et économique aux produits jetables. Il est également à l’origine de Fasopreneuriat, une initiative dédiée à l’accompagnement et à la promotion de l’entrepreneuriat au Burkina Faso.

De la fonction publique à l’entrepreneuriat : pourquoi avez-vous opéré ce choix ?

Nous, les entrepreneurs, considérons souvent la fonction publique comme un point d’appui. Les raisons qui m’ont poussé à quitter la fonction publique pour me lancer dans l’entrepreneuriat sont multiples et variées. Parmi elles, l’indépendance financière occupe une place centrale.

Comme vous le savez, de nombreux fonctionnaires peinent à joindre les deux bouts. Dès le cinquième jour du mois, le salaire est souvent déjà épuisé, et l’on se retrouve à attendre impatiemment la prochaine paie. À l’inverse, un entrepreneur n’a pas de salaire fixe : il vit en fonction des revenus générés par ses activités. Pour assurer une stabilité financière et mieux subvenir à ses besoins, l’entrepreneuriat apparaît comme une solution incontournable.

Vous avez fait vos études en management et qualité en France avant de rentrer. Qu’est-ce qui vous a motivé ?

L’Eldorado, c’est chez moi. Lorsqu’on ne connaît pas l’extérieur, on peut croire que le paradis terrestre se trouve ailleurs. À travers les réseaux sociaux, les images de l’étranger donnent parfois l’illusion d’un monde idéal, ce qui pousse certains à vouloir partir.

Mais je me suis dit que chacun doit créer son propre Eldorado. Il est insensé que la jeunesse prenne des risques inconsidérés en traversant mers et océans à la recherche d’un Eldorado qui, en réalité, n’existe pas. Si la France et les États-Unis sont ce qu’ils sont aujourd’hui, c’est grâce à la sueur et aux efforts de leur population. Nous aussi, nous devons compter sur nous-mêmes. Partir pour des études ou des projets est une excellente chose, mais il est essentiel de revenir et de contribuer au développement de notre pays.

Quels conseils donnez-vous à la jeunesse africaine en général et à celle du Burkina Faso en particulier ?

Le message que je souhaite adresser à la jeunesse est simple : croyez en vous. Nous devons avoir une vision et éviter de vivre au jour le jour.

Aujourd’hui, beaucoup de jeunes passent leur temps assis devant les portes ou aux abords des rues, prenant du thé et critiquant l’action gouvernementale. Ils affirment qu’il n’y a pas d’opportunités, alors qu’en réalité, elles existent bel et bien. Il suffit de s’approcher de ceux qui ont étudié dans des domaines porteurs et de chercher à apprendre auprès d’eux.

Je lance donc un appel à la jeunesse : levez-vous, battez-vous corps et âme, et je suis convaincu que l’avenir sera radieux.



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