Ce que j’ai retenu sur la communication de crise
En tant qu’étudiant en communication numérique des organisations, je me suis intéressé à la communication de crise pour plusieurs raisons. Tout d’abord, dans le monde actuel, les crises peuvent survenir à tout moment et toucher directement l’image et la réputation des organisations, surtout avec la rapidité de diffusion de l’information sur les réseaux sociaux. Ensuite, comprendre comment anticiper, gérer et réparer une situation critique est essentiel pour toute personne souhaitant travailler dans la communication professionnelle. Enfin, il est important de maîtriser ces notions pour être capable de conseiller efficacement une organisation confrontée à une situation complexe ou imprévue.
Il s'agit d'une présentation à travers un exemple de plan de gestion d'une crise que j'ai eu le plaisir de travailler avec mes brillants camarades.
L’article que je partage avec vous est le résultat d’un
condensé de mon cours de communication de crise à l’école et de la lecture de Thierry
Libaert, 5e édition, Dunod 2020. Il présente de manière synthétique les notions
clés que j’ai retenues.
La crise a longtemps été définie comme « un événement
inattendu mettant en péril la réputation et le fonctionnement d’une
organisation », selon Otto Lerbinger. Cette vision mettait l’accent sur deux
éléments essentiels : l’effet de surprise et l’impact immédiat sur l’image de
l’organisation. Autrement dit, ce n’était pas seulement l’événement en lui-même
qui importait, mais la manière dont il était perçu par les parties prenantes et
les médias.
Cependant, cette définition a évolué. Aujourd’hui, comme
l’expliquent Shrivastava et Roux-Dufort, une crise n’est plus considérée comme
un simple événement soudain, mais plutôt comme un processus qui se développe
dans le temps et résulte souvent d’une série de dysfonctionnements. Les retours
d’expérience montrent d’ailleurs que de nombreuses crises pouvaient être
anticipées, même les plus graves. Cela prouve que l’effet de surprise n’est
plus toujours total.
Cette nouvelle vision rejoint directement ce que l’on
appelle la phase préliminaire de la communication de crise. En effet, si la
crise peut être prévue, ou du moins pressentie à travers des signaux faibles,
l’organisation doit se préparer avant qu’elle ne surgisse réellement.
Surveiller, anticiper et mettre en place un plan d’action deviennent alors
indispensables. Ainsi, la crise n’est plus vue comme une fatalité soudaine,
mais comme un phénomène qu’on peut analyser, encadrer et parfois même éviter
grâce à une bonne préparation.
La crise se caractérise par plusieurs éléments essentiels :
- L’intrusion
de nouveaux acteurs qui interviennent, s’expriment et exigent des
explications ;
- La
saturation des capacités de communication, car les demandes d’informations
affluent de toutes parts, internes comme externes ;
- L’importance
des enjeux, car la crise met en danger la réputation, les finances, la
confiance du public et parfois la survie même de l’organisation ;
- L’accélération
du temps, les médias et les réseaux sociaux rendant la diffusion de
l’information quasi immédiate et obligeant l’entreprise à réagir très vite
;
- La
montée des incertitudes, car les causes, les responsabilités et les
conséquences restent souvent floues, ce qui rend la prise de décision et
la communication plus difficiles.
La communication de crise est un ensemble de stratégies et
d’actions utilisées par une organisation lorsqu’elle traverse une situation
difficile qui menace sa réputation, son fonctionnement ou ses relations avec
ses publics. Elle permet de gérer l’urgence, d’informer clairement et de
rassurer les personnes concernées.
Selon Thierry Libaert, la communication de crise peut être
décrite à travers quatre grandes phases : la phase préliminaire, la phase
aiguë, la phase chronique et la phase de cicatrisation.
La phase préliminaire est le moment où l’organisation se
prépare avant l’apparition d’une crise. C’est la période de veille,
d’anticipation et de prévention. On identifie les risques possibles, on
surveille les signaux faibles, on forme la cellule de crise et on élabore un plan
de communication. Cette préparation permet de limiter l’impact de la crise ou
d’y réagir plus efficacement lorsqu’elle survient.
La phase aiguë correspond au moment où la crise éclate
réellement. C’est la période la plus critique. L’organisation doit communiquer
vite, avec calme et fiabilité. Elle doit désigner un porte-parole, répondre aux
médias, rassurer ses publics et montrer qu’elle maîtrise la situation. Une
bonne communication dans cette étape réduit la panique et protège la réputation
de l’organisation.
La phase chronique est la période où la crise ne fait plus
la une des médias, mais demeure présente et continue de produire des effets.
C’est une phase intermédiaire dans laquelle les tensions persistent : rumeurs,
spéculations, polémiques, débats publics, pression des victimes ou des
associations. L’organisation doit continuer à informer régulièrement, répondre
aux interrogations et rester vigilante pour éviter une réactivation de la
crise.
La phase de cicatrisation arrive lorsque la crise commence à
se stabiliser. L’objectif est de réparer ce qui a été touché, tant au niveau
interne qu’en termes d’image. On explique ce qui a été fait pour résoudre la
crise, on soutient les personnes affectées et on tire les leçons pour améliorer
les pratiques futures. Thierry Libaert souligne que cette phase demande une
attention particulière pour cinq raisons : les effets matériels peuvent rester
visibles ; Internet garde la mémoire des crises ; les médias réactivent les
anciens événements pour comparer ou faire des bilans ; les procédures
juridiques s’étalent sur de longues périodes ; et les consommateurs conservent
une méfiance durable, surtout dans les secteurs sensibles comme l’alimentaire.
En résumé, j’ai retenu que la communication de crise n’est
pas seulement une réaction durant un problème ; c’est surtout un cycle complet
: se préparer avant, bien gérer pendant, rester vigilant après, et reconstruire
ensuite. Ce processus est essentiel pour maintenir la crédibilité et la
responsabilité d’une organisation face aux situations difficiles.


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